En ces temps de fluctuation des marchés et de durcissement des prescriptions financières, les propriétaires immobiliers sont confrontés à un double défi: vendre un immeuble locatif ou investir dans un nouvel objet suppose non seulement de bien connaître le marché, mais aussi bien comprendre les conditions de financement actuelles. « Bâle III » revient sur toutes les lèvres – et avec lui l’effet de levier.

Après la crise financière de 2008, les banques du monde entier ont été contraintes à plus de stabilité. Depuis lors, la norme internationale Bâle III est en vigueur. Elle exige de la part des banques des ratios de fonds propres plus élevés et des contrôles plus stricts en matière d’octroi de crédits. Pour les propriétaires immobiliers, cela signifie que l’époque des solutions de financement généreuses et simples est révolue. Avec le durcissement des règles de Bâle III – Bâle IV est progressivement mise en œuvre depuis début 2025. Les exigences imposées aux banques d’importance systémique sont devenues encore plus strictes. Cela n’est pas sans conséquence pourfinancer un bien immobilier.

Nouvelles réalités financières: ce qui a changé pour les propriétaires

Si vous envisagez aujourd’hui de vendre un immeuble locatif ou d’acquérir un nouvel immeuble de rendement, les banques sont plus regardantes. Quelle est la part de fonds propres? Votre concept de financement est-il robuste? Dans quelle mesure les revenus locatifs sont-ils stables? Les exigences sont de plus en plus élevées, tout comme la nécessité d’une stratégie bien pensée.

Effet de levier: à utiliser avec précaution

L’effet de levier, c’est-à-dire le levier de rendement constitué par des capitaux de tiers – longtemps un instrument apprécié des investisseurs immobiliers – ne fonctionne que si l’investissement génère effectivement les revenus souhaités. En revanche, si les revenus locatifs baissent ou que les coûts d’assainissement augmentent, l’effet peut être négatif. Dans le contexte de Bâle III, cela signifie qu’aujourd’hui, les banques sont plus prudentes dans leurs calculs. Elles accordent des hypothèques avec plus de circonspection et exigent des justificatifs détaillés de la capacité financière et de la sécurité.

La FINMA réprimande les banques

Du moins en théorie. En effet, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) tire actuellement la sonnette d’alarme. Selon elle, de nombreuses banques continuent d’accorder des prêts hypothécaires de manière trop laxiste en exploitant à l’excès la marge de manœuvre existante en matière
de réglementation. Pour ces affaires dites «Exception to Policy», au moins une condition centrale de l’octroi de crédit n’est pas remplie, comme la capacité financière ou le taux de nantissement. La FINMA est particulièrement critique à l’égard de la pratique en matière d’évaluation des immeubles de rendement. Elle demande donc un durcissement des modèles d’évaluation. En outre, elle exige également des taux de nantissement plus bas et un amortissement plus rapide des crédits. Pour les acheteurs et les vendeurs de
biens immobiliers, cela se traduirait par une marge de manœuvre réduite.

Planification de vente à long terme

Lors de la vente d’un immeuble locatif, il convient de tenir compte de ces évolutions. En effet, les acquéreurs potentiels examinent aujourd’hui non seulement l’emplacement et l’état du bien, mais aussi la capacité à le
financer. Un dossier de vente bien préparé, une estimation de prix réaliste et des déclarations claires sur l’espérance de rendement sont déterminants. Votre situation personnelle joue également un rôle. Votre bien immobilier est-il financièrement supportable dans le contexte financier actuel? Ou souhaitez-vous vendre votre bien immobilier afin de libérer des capitaux? Dans ce cas, n’oubliez pas qu’en raison du durcissement de la réglementation, les acquéreurs potentiels se concentrent de plus en plus sur les biens durables.

Conclusion: la sécurité prime sur l’action rapide

Que vous souhaitiez vendre ou acheter, la clé du succès réside dans une planification minutieuse, idéalement avec un soutien professionnel. Bâle III (et de plus en plus Bâle IV) ainsi que les critiques de la
FINMA le montrent clairement: un financement prudent, une évaluation réaliste et une documentation transparente sont plus importants que jamais. Connaître les options possibles et s’assurer un accompagnement professionnel permet d’être en meilleure posture, quelle que soit la situation du marché.

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